Population autochtone

Autochtones du Club de pêche de la Rivière Moisie, 1917, BAnQ Sept-Îles, Fonds Mitchell Campbell, P41,S5,P3.

Jeu de données 1: Population inscrite au statut d’Indien au Québec de 1868 à 2011

Jeu de données 2 : Population inscrite au statut d’Indien du  Canada de 1868 à 2011

Jeu de données 3: Population d’origine autochtone du Canada et du Québec par division de recensement de 1911 à 1981

Jeu de données 4: Population des réserves et bandes autochtones du Canada et du Québec de 1911 à 2016

Résumés des sources :

  • Rapports annuels du ministère des Affaires indiennes
  • Recensements canadiens (1851 à 2016)

Documentation et méthodologie

Autochtones du Club de pêche de la Rivière Moisie, 1917, BAnQ Sept-Îles, Fonds Mitchell Campbell, P41,S5,P3.

Quelques visualisations

Dans cette visualisation on peut voir la population de personnes étant inscrites avec le statut d’Indien au Canada entre 1868 et 1969. Ces chiffres ne représentent donc pas le nombre d’Autochtones sur le territoire du Canada.

Dans cette visualisation on peut voir la population de personnes étant inscrites avec le statut d’Indien au Québec entre 1868 et 1969. Ces chiffres ne représentent donc pas le nombre d’Autochtones sur le territoire du Québec.

Les visualisations ci-dessus représentent le nombre de personnes à qui l’État canadien reconnaît le statut d’“Indien”. “Indien” est une identité légale définie en 1876 par la Loi sur les Indiens: est considéré comme Indien “tout individu du sexe masculin et de sang sauvage, réputé appartenir à une bande particulière; Tout enfant de tel individu; Toute femme qui est ou a été légalement mariée à tel individu*”.  Ainsi, toute femme qui épouse un “non-Indien” perd automatiquement son statut. Il en va de même pour ses enfants. 

Les “agents des Indiens”,  qui sont des représentants du gouvernement canadien dans les réserves des Premières Nations, sont chargés de faire appliquer la Loi sur les Indiens et de gérer, de manière plus ou moins stricte, l’octroi des statuts et des émancipations. Les données sur le nombre d’Indien inscrits proviennent des rapports (probablement fréquemment incomplets) fournis par ces agents au Ministère. Ainsi, le creux au tournant des années 1870 s’explique par le fait que les totaux canadiens et québécois n’incluent pas les rapports pour plusieurs bandes.

La Loi sur les Indien est construite de manière à promouvoir l’assimilation des Premières Nations à la société euro-canadienne dominante. Pour cette raison, elle prévoit “l’émancipation”, c’est-à-dire le retrait obligatoire du statut d’Indien dans plusieurs circonstances: la perte de statut est notamment automatique lorsqu’une personne entre dans un ordre religieux, lorsqu’elle obtient un diplôme collégial ou universitaire, ou lorsqu’elle s’enrôle dans l’armée. Ces dispositions seront abolies en 1920. Jusqu’en 1951, les personnes des Premières Nations doivent également renoncer volontairement à leur statut d’Indien si elles veulent obtenir le droit de voter aux élections fédérales. Toute personne qui réside à l’extérieur du Canada durant plus de cinq ans perd également son statut. Rappelons que lorsqu’un individu est “émancipé”, sa femme et ses enfants perdent également automatiquement leur statut. Cette politique d’émancipation, jumelée avec l’absence de recensement systématique des populations des Premières Nations, peut en partie expliquer la stagnation du nombre d’Indiens inscrits jusqu’au milieu de XXe siècle.

En 1951, un registre national de toutes les personnes ayant droit au statut d’Indien est créé. Tous les individus correspondant aux critères légaux définis par la Loi sur les Indiens sont inscrits et reçoivent une carte de statut d’Indien. La systématisation des procédures d’inscription peut expliquer la hausse progressive de la population inscrite à partir de 1951.

Finalement, la plus importante réforme de la Loi sur les Indiens a lieu en 1985: le projet de loi C-31 permet aux femmes ayant perdu leur statut suite à un mariage avec un homme non autochtone de demander la restauration de leur statut et de leurs droits.   Les enfants issus de ces mariages peuvent également recouvrer leur statut. Dans les années qui suivent cette réforme, les demandes affluent pour obtenir ou recouvrir le statut d’Indien.

Le graphique présente le pourcentage de population autochtone recensée pour différentes divisions du recensement sur le territoire du Québec. Les divisions ont été choisies en raison de la présence de données sur plusieurs années. Ce sont également les divisions de recensement présentant le plus de personnes autochtones.